Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 23:02

Jim Profit est le père de nombreux personnages de série actuels. Don Draper et Patty Hewes sont les premiers noms qui viennent à l'esprit. Le héros de Mad Men lui ressemble, physiquement déjà et il partage avec Profit un passé trouble que, l'un comme l'autre, aimeraient oublier à tout jamais. Quant à Patty Hewes, l'avocate fourbe de Damages, elle a emprunté à Profit cette façon de manipuler les gens à sa guise pour son propre intérêt. Vous l'aurez compris, Jim Profit est un personnage complexe au coeur d'une série qui ne l'est pas moins et qui, comme les séries citées précédemment, Party Down, Friday Night Lights et Rubicon, n'aura jamais trouvé son public. Il faut croire que les meilleures séries sont finalement celles dont l'audimat était le plus faible, mais est-ce si incongru que ça? Le Mentaliste sur TF1 a réuni 10 millions de personnes hier. Les Ch'tis, film tout sauf drôle a attiré 20 millions de personnes dans les salles. Les Black Eyed Peas et Muse remplissent plusieurs fois le Stade de France dans la même semaine. La médiocrité culturelle semble être devenue légion et ce consensus est de ceux qui déplaisent fortement à Jim Profit, oh oui.

 

Parce que s'il y a une chose que Profit déteste, c'est que tout le monde soit sur la même ligne. Son alliée pour les coups en douce est sa gentille assistante, Gail, qui obéit au doigt et à l'oeil devant les consignes de son boss, surtout depuis que celui-ci a menacé de la balancer pour avoir piquer dans la caisse. C'est la première scène du pilote et ça donne le ton, surtout que ça se passe à l'enterrement du précédent boss de sa nouvelle société. Cette société, au fait, c'est Gracen & Gracen. Le père vient de mourir, donc, et les enfants sont chargés de prendre la relève. Dit comme ça, ça ressemble à Six Feet Under mais c'est complètement différent. Ici, les fils qui se déchirent l'héritage sont à la solde de Jim Profit qui les fait danser comme des pantins. Personnage vite adoubé par sa direction, Profit décontenance les autres, qui décident d'enquêter sur lui, l'accusant notamment d'avoir tué son père. Dans le dernier épisode, on croit comprendre que Jim Profit ne serait en réalité pas son vrai nom. Usurpation d'identité, ça ne vous rappelle personne? Cependant, malgré ses coups bas, Profit ne ferait rien qui irait à l'encontre de la société. La raison est simple : maltraité par son père pendant son enfance, il passa ses nuits dans un carton... de la société Gracen & Gracen. Pendant que les KO régnait chez lui, il s'imaginait les employés de Gracen & Gracen comme sa famille, une famille modèle qui plus est. Les nouveaux patrons, selon cette logique, sont donc ses frères.

   

 

On est loin ici de The Office, qui moque gentiment les relations de travail qu'on connaît tous. Dans Profit, on fait dans la lutte, pas la lutte des classes, celle des égos plutôt. A ce jeu, Profit a toujours trois coups d'avance et retombe ainsi toujours sur ses jambes. Quand on le croit pris à défaut, ce n'est qu'une façade, puisqu'il a généralement lui même organisé cette mascarade pour atteindre son but sans être suspecté. Du grand art. On s'habitue à ce jeu entrepreneurial quand sa belle mère (la deuxième femme de son père) débarque réclamer son dû et s'immisce dans la vie de son "fils" et accessoirement amant. Bobbi Stokowski est l'autre personnage marquant de la série, celle qui semble avoir tout appris à Jim. Comme souvent, la vie privée et la vie professionnelle se rejoignent ensuite par l'intermédiaire de cette même Bobbi, devenue décoratrice d'intérieur pour mieux approcher l'un des frères Gracen.

 

Pendant ce temps-là, Joanne Meltzer, la principale opposante à Profit, fait tout pour le faire tomber et découvrir la vérité. Elle se rend ainsi, dans le dernier épisode, en Irlande sur les traces du jeune Jim Profit mais, malheureusement, ses recherches et réponses éventuelles furent abandonnées et la série avec.

 

J'ai déjà dit à quel point abandonner cette série fut une erreur même si, comme pour les rockeurs, il vaut mieux parfois mourir jeune pour laisser une beau cadavre. Ici, on a tout de même l'impression que le cadavre fut un peu trop jeune, comme si Amy Winehouse était partie avant l'enregistrement de "Back To Black". Profit est, au final, une promesse évanouie. "Les Sopranos" est souvent cité comme LA série qui a lancé l'âge d'or des séries télé. Oublier Profit serait néanmoins comme ne jamais citer Buddy Holly en tant qu'influence majeure des rockers sixties, seulement Elvis.

Par Aaron Sanzio - Publié dans : Séries - Communauté : Serie TV Alliance
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Vendredi 30 septembre 2011 5 30 /09 /Sep /2011 23:20

Impossible de m'enlever cette chanson de la tête. C'est pourtant pas mon style de succomber à la hype, plutôt celle de 1967 généralement mais là je reconnais ma défaite. Hype 1, Aaron 0. J'avais pourtant réussi à me reposer l'esprit pendant une semaine en écoutant d'autres trucs, vieux, comme d'hab, Dusty Springfield, Laura Nyro etc. J'ai juste voulu voir ce soir le nombres de vidéos vues depuis mon dernier passage sur YouTube et ça a quasiment doublé pour Lana, ex-Lizzy Grant. Du coup, j'ai replongé.

 

Par Aaron Sanzio - Publié dans : Video - Communauté : Le Monde du Rock
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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 22:09

Non, je ne vais pas vous saouler maintenant avec un vieil exemplaire de Rock & Folk. Nirvana fait la couv' pour les 20 ans de la sortie de Nevermind, cet ovni punk rock de 1991. Et, pour une fois, le numéro est excellent, notamment l'interview de Bjork. A masterpiece. Il y a cette phrase d'Oscar Wilde, au début d'une de ses nouvelles, "c'était un musicien. Mais c'était aussi un artiste" qui s'applique à merveille à la chanteuse islandaise. Il faut dire que le terme artiste est souvent utilisé à tort et à travers, on ne citera pas de noms, mais dans le cas de Björk, le mot prend tout son sens. On la sent bouillonante d'idées. Si certaines ne semblent pas avoir abouties, il n'y a rien de moins grave vu qu'elle a déjà trois autres projets en cours. Ces quelques pages donnent en tout cas envie de se replonger dans la discographie de l'ex-chanteuse des Sugarcubes.

  Rock-Folk-Nirvana.jpg

 

L'autre excellent article du mois est celui de George Harrison, par Soligny. Il y a apparemment une série qui va voir le jour sur le troisième Beatle au mois d'octobre. Ce sera diffusé sur HBO, ce qui est plutôt un gage de qualité. On retrouve Scorsese à la manette, qu'on a plutôt l'habitude de voir tourner autour des Stones et on est plutôt impatient de voir ça.

 

Le reste est habituel, Eudeline fait du Eudeline, Ungemuth du Ungemuth et puis il y a les rubriques que pas grand-monde ne lit sur les jeux vidéos ou les BD. Et toujours rien sur les séries TV.

Par Aaron Sanzio - Publié dans : Lester Bangs spirit - Communauté : Le Monde du Rock
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Lundi 26 septembre 2011 1 26 /09 /Sep /2011 22:26

Avoir Noel Gallagher en couv est la certitude d'avoir au moins une bonne interview. C'est un bon client, comme on dit, excellent même. C'est encore mieux avec Liam en fait. Le top du top est bien entendu d'avoir les deux ensemble mais ça ne risque pas d'arriver de sitôt, sans doute jamais. Vox Pop est donc allé nous chercher l'ainé de la fratrie la plus célèbre de l'histoire du rock pour retracer avec lui sa carrière. Il est très peu question ici de ses projets futurs. Jean-Vic Chapus lui parle surtout d'Oasis et, puisque Vox Pop est avant tout un magazine sociétal, l'interroge sur les émeutes en Angleterre ou sa workingclassité. On retiendra surtout cette réponse à une question sur le cirque rock'n'roll, que je me permets de recopier ici : "Mais oui! Le cirque, c'est super. Au départ, la musique n'était qu'un argument pour vivre la vie qui va avec. Est-ce que tu connais des gens qui te disent : "Putain, j'aurais adoré composé Brown Sugar à la place des Rolling Stones" ? Non, bien sûr. Par contre, je te promets que je peux te citer des milliers de personnes qui auraient adoré se taper autant de filles et se défoncer autant que Mick Jagger et Keith Richards". Tellement vrai.

 

Vox-Pop-Gallagher.jpg

 

Sinon, comme d'hab, Vox Pop explore le petit monde de la musique que l'amateur lambda ne soupçonne même pas. Cette fois, Chapus, toujours, nous amène dans les couloirs de l'Eglise de Scientologie qui organiser chaque semaine des open-mics. On a beau être scientologue, on ne refuserait pas pour autant son quart d'heure de gloire warholien. C'est un des meilleurs articles du cru septembre-octobre. Un autre dossier est consacré à la musique dans l'Islam, aux interviews un poil ardues pour qui ne maitrise pas le sujet. Evitez la lecture dans le train à 7h du mat'. Celui sur le label Soul-Jazz et autres dans le genre, labels qui innovent est intéressant par ce qu'il amène comme perspective à la crise du disque. Les portraits de quelques gars que la musique a sauvé (on en est tous là) et qui dirigent aujourd'hui les maisons de disque Now Again et Light In The Attic sont touchants.

 

Impossible de parler de la crise du disque sans évoquer Deezer, symbole s'il en est du passage de l'écoute sur platines CD à celle sur ordinateur. Le boss est ici interviewé, il y annonce ses projets pour le futur. Il est surtout très optimiste. Que les gens consomment globalement plus de musique (surtout gratuite) qu'il y a 10 ans est un fait établi mais rien ne permet de dire que la musique écoutée est meilleure qu'en 2001. Les amateurs de musique auraient sans doute mis plus longtemps à découvrir tel ou tel artiste sans Deezer, mais le consommateur profiteur bas du front écoutera toujours la même merde. Deezer existe aujourd'hui grâce à la faiblesse des maisons de disque, qui jouent toujours sur le pont mais qui n'ont pas remarqué que le bateau était en train de sombrer. Il doit rester quelques canots de sauvetage mais ça sera bien insuffisant.

 

Enfin, vous n'être pas sans ignorer qu'on a fêté ce week-end le 20ème anniversaire de la sortie de Nevermind, de Nirvana. Quelques trentenaires racontent leurs anecdotes sur la sortie de cet album et comme il a changé leur vie. J'avais douze ans à l'époque et je ne me souviens absolument pas de l'album en question, en revanche, je me souviens fort bien de "Smells Like Teen Spirit" qu'on entendait partout et notamment à la soirée de fin d'année qu'avait organisé le collège. Cette chanson est à jamais associée dans mon esprit à cette soirée, bien que je ne sois même pas sûr qu'elle ait été diffusée ce soir-là. Je me souviens que c'était également la finale de l'Euro de foot et que le fabuleux Danemark avait plié l'Allemagne en finale. Le football et la musique ont ceci d'extraordinaire qu'à la simple évocation d'un match ou d'une chanson, on se retrouve instantanément à l'endroit où on était dix, quinze, vingt années auparavant. J'ai surtout découvert Nirvana à la mort de Cobain, via l'album Unplugged puis plus tard Nevermind dans ses grandes largeurs à la fin de l'adolescence. Il m'a sans doute manqué un ou deux ans, ou un grand frère pour vraiment prendre une claque avec Nirvana, comme les autres ex-ados à qui le magazine donne la parole, qui ont tous aujourd'hui entre 34 et 38 ans, donc entre 14 et 18 ans au moment des faits. Cette claque, j'allais la prendre quelques temps plus tard avec les Red Hot et Oasis, mes premiers émois rock.

Par Aaron Sanzio - Publié dans : Lester Bangs spirit - Communauté : Le Monde du Rock
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Samedi 24 septembre 2011 6 24 /09 /Sep /2011 21:30

La meilleure série post-11 septembre, du moins la plus intelligente, fut arrêtée au terme de sa première saison par la chaîne AMC. L'audimat était pas au niveau de ses grandes soeurs, Mad Men et Breaking Bad. On pensait jusqu'alors, bisounours que nous sommes, que la chaîne AMC ne basait pas ses choix sur la simple audience de la veille. On avait donc tort. Tout comme AMC d'ailleurs, car abandonner une série d'une telle qualité, qui, par son rythme, s'inscrivait complètement dans la logique artistique de la chaîne, est dommageable. C'est également dommage que la série n'ait pu continuer sur une autre chaîne, comme cela a pu se passer avec Damages et Friday Night Lights. Mais nous ne sommes pas là pour refaire l'histoire, juste pour parler de cette saison, trop courte mais ô combien mémorable.

 

Will Travers est employé de l'API (American Policy Institute), une agence de renseignements semblable à celle de Jack Bauer dans 24. Il a perdu sa fille et sa femme dans les attentats du 11 septembre. Le pilote est centré sur David Hadas, mentor et responsable de Will à l'API, accessoirement son beau-père, qui perd la vie dans un accident de train. Will Travers, nommé à sa place au sein de l'agence ne peut se résoudre à cette conclusion. Pour lui, David a été assassiné, rien de moins. Commence alors une double traque pour Will, celle des assassins de son beau-père ainsi que la recherche d'éventuels terroristes dans le cadre de son nouveau poste à l'API. Il se pourrait même que les événements soient liés, d'une façon ou d'une autre. De traqueur, Will devient traqué. Protagoniste principal, il se retrouve donc doublement au centre de l'histoire.

    

 

La série joue sur la peur créée par les attentats de 2001, comme 24. Mais, dans un sens, Rubicon, c'est l'anti-24. Il y a sans aucun doute une marque de fabrique AMC. Ici, il ne se passe rien et c'est ce manque d'action qui semble avoir découragé les téléspectateurs. Quand Jack Bauer échappe à des meurtriers éventuels plusieurs fois par heure, Will Travers, lui, réfléchit. L'un est dans l'action perpétuelle, l'autre dans la réflexion. L'un est un sprinter, l'autre un joueur d'échecs. Rubicon est d'ailleurs une partie d'échecs géante, avec de nombreux participants. Will Travers place ses pions habilement mais il ignore que d'autres parties aux gains autrement plus élevés se jouent simultanément. Le rythme lent et l'absence d'action rend la série addictive à souhait : impossible en effet de savoir la direction que va prendre l'épisode suivant, alors qu'on sait déjà qu'entre 15h et 16h Jack Bauer va sauver le monde cinq fois. J'arrête là le parallèle entre les deux séries car elles sont à l'opposé l'une de l'autre dans leur façon de traiter le même sujet.

 

A ce titre, la traque de terroristes se trouvant de l'autre côté du globe est un des aspects les plus fascinants de la série. Elle aide à comprendre le travail quotidien des renseignements, pas seulement aux Etats-Unis mais partout dans le monde. Ici, Will et son équipe, deux hommes en pleine rupture conjugale et une nouvelle embauchée portée sur la bouteille, essaient d'obtenir des informations concrètes sur quelques terroristes déjà impliqués dans des attaques à l'étranger à partir des bribes d'infos qu'ils ont. La traque s'intensifie au fur et à mesure que ces renseignements deviennent plus précis (notamment leur d'une nuit passée à écouter un mariage auquel assistaient les suspects) et que la menace pour l'intérêt des Etats-Unis devient plus pesante. Quand Will découvre enfin ce qu'il cherchait, à savoir l'heure et la date des futures attaques, l'homme recherché est déjà sur le sol américain.

  

 

Ces hommes jouent avec nos vies, comme certains jouent avec la leur. Cela devient éminemment compliqué quand ces derniers se trouvent être à l'intérieur même de l'API. On a beau se trouver dans une agence gouvernementale, cela n'empêche pas les conflits d'intérêt.

 

Les personnages sont superbement choisis. Les responsables de l'API ont un vrai charisme qui manque parfois à des personnages importants dans certaines séries (le candidat à la mairie dans The Killing US, par exemple), Will travers est parfait en tant qu'analyste pointilleux, compensant son manque d'expérience par une intelligence sans faille. J'ai oublié de parler de Miranda Richardson, qui joue ici une veuve dont le mari, suicidé, était lié lui aussi aux affaires de l'API et qui se charge de mener sa propre enquête sur les circonstances du drame, comme Will par rapport à son beau-père.

 

Si on peut émettre un seul regret par rapport à la série, c'est cette fin qui laisse quelques sujets en suspens ("cliffhangers") en vue sans doute d'une deuxième saison, qu'on ne verra jamais. Il eut mieux valu une vraie fin. Mais on ne chipotera pas pour si peu, même si je maudis encore AMC pour l'arrêt de la série.

Par Aaron Sanzio - Publié dans : Séries - Communauté : Serie TV Alliance
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